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Tests et faux positifs : positif, mais malade ?

Un test « fiable à 99 % » annonce : positif. Quelle est la probabilité d’être vraiment malade ? Pas forcément 99 % : parfois une chance sur deux, parfois bien moins. Fais passer un test à 1 000 personnes, trie-les et compte, puis écris-le avec un tableau croisé et un arbre pondéré : les outils de la seconde suffisent.

Programme de 2de (2026) ⏱ 20 à 30 min 7 missions Un vrai test évalué : la grippe

Parmi les malades, la part de tests positifs.
Parmi les personnes saines, la part de tests négatifs.

Touche une case du tableau, une feuille de l’arbre ou un groupe de points : les trois se répondent.

Palier 1 · DécouvrirPositif… mais malade ?

Un test « fiable à 99 % » 2de

Une maladie touche 1 personne sur 100. Un test la repère chez 99 % des malades, et il est négatif chez 99 % des personnes saines : on le dit souvent « fiable à 99 % ». Ce test est imaginaire ; ses nombres ronds rendent le calcul plus simple. Une personne passe le test, et il est positif.

Ton pronostic : la probabilité que cette personne soit vraiment malade est d’environ…

  1. Clique sur « Régler le banc » ci-dessous : 1 000 personnes, dont 10 malades, en orange. Dans la réalité, on ne voit pas qui est malade : c’est pour le savoir qu’on teste.
  2. Clique sur « Faire passer le test » : un anneau jaune entoure chaque personne testée positive.
  3. Clique sur « Trier » : chacun se range selon sa santé (la ligne) et son résultat (la colonne). Compte les points orange dans la colonne « Test + ».

Compte les points 2de

Après le tri, chaque personne est à sa place. Les deux erreurs possibles du test ont un nom : un faux positif est une personne saine dont le test est positif ; un faux négatif, une personne malade dont le test est négatif. Les autres sont des vrais positifs et des vrais négatifs.

Avec la maladie rare et le test « fiable à 99 % », combien des 20 testés positifs sont vraiment malades ?

Plus rare, plus trompeur ? 2de

La prévalence est la part des malades dans la population. Fais-la varier avec le premier curseur, sans toucher au test, et regarde le cadre « Parmi les testés positifs ».

Ton pronostic : si la maladie ne touche plus qu’une personne sur 1 000, la part des malades parmi les testés positifs va…

Complète, avec ce que tu as vu sur le banc.

Quand la maladie est rare, la plupart des testés positifs sont . Les personnes saines sont que les malades : même un petit pourcentage d’erreurs chez elles donne faux positifs.

Les mots fréquence et probabilité sont flous ? L’atelier de collège « Le hasard a ses lois » les reprend pas à pas.

Au palier 2 : le tableau croisé et l’arbre pondéré, pour calculer ce que tu viens de compter, et pourquoi PM(+) n’est pas P+(M).

Tes missions

Voici les missions du palier choisi. Réponds, puis clique sur « Valider ma réponse ». Si ce n’est pas encore ça, un indice t’aide. Après trois essais, tu peux voir la solution.

Le savais-tu ?

Des faits vrais, avec les nombres qui les prouvent.

Les mots du module

Chaque mot, en une ou deux phrases.

Prévalence
La part des malades dans la population étudiée, à un moment donné : 1 %, c’est 10 personnes sur 1 000.
Test positif, test négatif
Le résultat du test : positif s’il signale la maladie, négatif sinon. Un résultat n’est pas une certitude.
Vrai positif, faux positif
Un vrai positif est une personne malade dont le test est positif ; un faux positif, une personne saine dont le test est positif.
Vrai négatif, faux négatif
Un vrai négatif est une personne saine dont le test est négatif ; un faux négatif, une personne malade dont le test est négatif.
Sensibilité
PM(+) : la probabilité qu’un malade ait un test positif. Elle dit si le test repère bien les malades.
Spécificité
PS(−) : la probabilité qu’une personne saine ait un test négatif. Elle dit si le test épargne bien les personnes saines.
Probabilité conditionnelle
PA(B), la probabilité de B sachant A : on se place parmi les issues de A. Dans un tableau d’effectifs, PA(B) = Card(A ∩ B)/Card(A).
Tableau croisé d’effectifs
Un tableau qui range une population selon deux caractères, par exemple malade ou saine et test positif ou négatif, avec les totaux en bord de tableau.
Arbre pondéré
Un arbre dont chaque branche porte une probabilité. On multiplie le long d’un chemin ; les branches qui partent d’un même nœud ont pour somme 1.
Fréquences naturelles
Des effectifs pris dans une même population de départ (« 8 des 10 malades, 95 des 990 autres ») au lieu de pourcentages. C’est l’arbre « Effectifs » du banc.
Valeur prédictive positive
P+(M) : la probabilité d’être malade quand le test est positif. Elle dépend du test et de la prévalence. Le mot est au programme de mathématiques complémentaires de terminale.
Dépistage, diagnostic
Dépister, c’est tester des personnes qui n’ont pas de signes de la maladie ; un test diagnostique s’adresse à des personnes qui en ont. La prévalence n’est pas la même dans les deux publics.
Pour les parents et les enseignantsouvrir

Objectifs

  • Construire, à partir d’une situation décrite en mots, le tableau croisé d’effectifs et l’arbre pondéré d’un test : prévalence, sensibilité, spécificité.
  • Calculer une probabilité conditionnelle dans le tableau (PB(A) = Card(A ∩ B)/Card(B)) et la probabilité d’un chemin de l’arbre (produit des branches).
  • Distinguer PM(+), la sensibilité, et P+(M), ce que veut savoir la personne testée : l’inversion des conditionnements.
  • Comprendre l’effet de la prévalence : pourquoi la plupart des positifs peuvent être des faux positifs, ce que change un second test, et pourquoi dépister toute une population n’est pas tester des personnes qui ont des symptômes.

Notions

Prévalence ; test positif ou négatif ; vrais et faux positifs, vrais et faux négatifs ; sensibilité, spécificité ; tableau croisé d’effectifs, fréquence conditionnelle ; probabilité conditionnelle et notation PA(B) ; arbre pondéré, produit le long d’un chemin ; fréquences naturelles ; valeur prédictive positive ; hypothèse d’indépendance (second test) ; formule de Bayes, en ouverture.

Déroulé (20 à 30 minutes)

Palier 1 : trier 1 000 personnes et compter les faux positifs, prédire puis observer l’effet de la prévalence. Palier 2 : le tableau croisé, l’arbre pondéré, la notation PA(B), sensibilité et spécificité, l’inversion des conditionnements, les fréquences naturelles. Palier 3 : refaire le test aux positifs, un vrai test (celui de la grippe) dans deux publics, et la formule de Bayes en ouverture.

Les pièges visés

Confondre PM(+) et P+(M) (« fiable à 99 %, donc 99 % de risque ») ; oublier les faux positifs, qui viennent de la grande majorité des personnes saines ; diviser par le mauvais groupe ; additionner les probabilités le long d’un chemin au lieu de les multiplier ; croire que deux tests positifs donnent une certitude, ou les combiner en oubliant la prévalence. Les indices des missions repèrent ces erreurs.

Liens avec les programmes

  • Seconde, programme de 2026 (arrêté du 26 février 2026, NOR MENE2602914A ; Bulletin officiel n° 14 du 2 avril 2026, p. 332-345), en vigueur à la rentrée 2026. Partie « Probabilités » (p. 345) : « mettre en évidence la problématique de l’inversion des conditionnements » ; « Des situations issues de différents domaines (économique, industriel, médical, etc.) sont proposées. Ce travail permet notamment de donner du sens au vocabulaire des tests diagnostiques : faux positifs, faux négatifs, spécificité et sensibilité d’un test. » Contenus : « Probabilité conditionnelle d’un évènement B sachant un évènement A de probabilité non nulle. Notation PA(B) » ; « Arbres de probabilité ». Capacités attendues, entre autres : « Construire un arbre pondéré ou un tableau en lien avec une situation donnée » ; « Calculer des probabilités conditionnelles lorsque les évènements sont présentés sous forme de tableau croisé d’effectifs » ; « Faire le lien entre la définition des probabilités conditionnelles et la multiplication des probabilités des branches du chemin correspondant » ; « Distinguer en situation PA(B) et PB(A), par exemple dans des situations de type “faux positifs” ». Partie « Croisement de deux variables qualitatives » (p. 344) : tableau croisé d’effectifs, fréquences conditionnelles. Vérifié : texte relu dans le PDF du Bulletin officiel.
  • Le même programme précise (p. 345) : « Le calcul de la probabilité d’un évènement connaissant ses probabilités conditionnelles relatives à une partition de l’univers n’est pas un attendu du programme. » En seconde, P(+) se lit donc dans le tableau, en comptant : le module s’y tient partout, et la formule des probabilités totales n’apparaît qu’en ouverture. Vérifié.
  • Première, programmes de 2026 (même Bulletin officiel). Spécialité (p. 364) : « Formule des probabilités totales » ; « une hypothèse d’indépendance fait partie d’un modèle », comme pour le second test du palier 3. Mathématiques intégrées à l’enseignement scientifique (p. 351) : « Tests médicaux : faux positifs et faux négatifs » ; « Calculer des probabilités conditionnelles à l’aide d’un tableau croisé d’effectifs ou d’un arbre pondéré ». Vérifié.
  • Terminale, en vigueur en 2026-2027. Mathématiques complémentaires (arrêté du 19 juillet 2019, Bulletin officiel spécial n° 8 du 25 juillet 2019), thème « Inférence bayésienne » : « Tests binaires pour le diagnostic médical. Notion de vrais/faux positifs et négatifs, sensibilité, spécificité, valeurs prédictives positive (diagnostique) et négative » ; formule de Bayes. Enseignement scientifique (annexe de l’arrêté du 30 mai 2023, Bulletin officiel n° 25 du 22 juin 2023), thème 3.5 : « produire un tableau de contingence afin de calculer des fréquences de faux positifs, faux négatifs, vrais positifs, vrais négatifs », en lien avec la formule de Bayes. Vérifié : textes relus.
  • Pas de plafond : les badges disent où chaque outil se trouve dans les programmes. Un élève de seconde qui a compris le palier 2 peut aborder le palier 3, qui n’utilise que des effectifs.

À faire en vrai

En classe, avec des cartes et un dé : chaque élève tire une carte « malade » ou « sain » (une carte « malade » pour dix, par exemple), puis lance un dé pour le résultat de son test. Une personne saine est positive sur un 6 (spécificité 5/6) ; une personne malade est positive sauf sur un 1 (sensibilité 5/6). On remplit le tableau de la classe, on calcule la part des malades parmi les positifs, puis on regroupe plusieurs classes pour s’approcher des effectifs attendus.

Ce que le module simplifie

Les effectifs du tableau sont des effectifs attendus, arrondis à l’unité : avec 1 000 personnes, une maladie rare ne compte que quelques malades, d’où de petits écarts avec le calcul exact, que le banc signale. Le test « fiable à 99 % » est imaginaire. Pour le test de la grippe, la sensibilité et la spécificité sont des moyennes sur 159 études : elles varient selon le test, l’âge (sensibilité plus faible chez l’adulte que chez l’enfant) et le moment du prélèvement ; le module les garde fixes. La prévalence de 1 % chez « tout le monde » est une hypothèse d’exemple. Le second test suppose des erreurs indépendantes de celles du premier. Ce module n’est pas un outil médical : il ne dit pas quoi faire d’un résultat de test.

Sources

Les effectifs, les probabilités et les réponses des missions viennent du modèle du module (modele.js), vérifié dans node.

  1. Ministère de l’Éducation nationale. Programme d’enseignement de mathématiques de la classe de seconde générale et technologique, arrêté du 26 février 2026 (NOR MENE2602914A ; Journal officiel du 27 mars 2026 ; Bulletin officiel n° 14 du 2 avril 2026, p. 332-345), en vigueur à la rentrée 2026. Dans le même BO : programmes de première, spécialité (MENE2602917A, p. 354-365) et mathématiques intégrées à l’enseignement scientifique (MENE2602916A, p. 346-353).
  2. Programme de mathématiques complémentaires de terminale, arrêté du 19 juillet 2019 (Bulletin officiel spécial n° 8 du 25 juillet 2019), thème « Inférence bayésienne » ; programme d’enseignement scientifique de terminale, annexe de l’arrêté du 30 mai 2023 (Bulletin officiel n° 25 du 22 juin 2023), thème 3.5.
  3. Chartrand C., Leeflang M. M. G., Minion J., Brewer T., Pai M. (2012). Accuracy of rapid influenza diagnostic tests: a meta-analysis. Annals of Internal Medicine 156(7) : 500-511. doi:10.7326/0003-4819-156-7-201204030-00403.
  4. Équipes de surveillance de la grippe (2025). Surveillance de la grippe en France hexagonale, saison 2024-2025. Bulletin épidémiologique hebdomadaire n° 17 du 14 octobre 2025 : 312-330. Santé publique France.
  5. Gigerenzer G., Hoffrage U. (1995). How to improve Bayesian reasoning without instruction: frequency formats. Psychological Review 102(4) : 684-704. doi:10.1037/0033-295X.102.4.684.
  6. National Research Council (2003). The Polygraph and Lie Detection. Washington : The National Academies Press, tableau S-1. doi:10.17226/10420.
  7. Bayes T. (1763). An essay towards solving a problem in the doctrine of chances, communiqué par R. Price. Philosophical Transactions of the Royal Society of London 53 : 370-418. doi:10.1098/rstl.1763.0053.